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Édition présentée et annotée par Michel Lioure
Folio Théâtre n°96
Ce drame, mis au programme de l'agrégation de lettres en 2005-2006, est l'œuvre d'un jeune génie de vingt-trois ans. Son intrigue raconte l'ascension et la chute d'un homme, Simon Agnel ; général, puis souverain du royaume, il est défait en Asie et, mourant, retrouve la princesse, fille du roi, crucifiée à un arbre ; il la libère et meurt. Elle sera reine d'un instant, et meurt à son tour. C'est le drame de la puissance et de la vanité. Tête d'Or meurt cependant sur un mot d'espérance : « J'espère ! j'espère ! j'aspire », et un hymne solaire, mais non sur une conversion.
La beauté de la pièce réside moins dans le symbolisme de l'action, que dans la force poétique originale de chaque monologue, où Rimbaud se mêle à Shakespeare et à Nietzsche, sans qu'on sente aucune influence directe, aucune source visible :
« Me voici, / Imbécile, ignorant, / Homme nouveau devant les choses inconnues, / Et je tourne ma face vers l'Année et l'arche pluvieuse, j'ai plein mon cœur d'ennui ! »
« Tremblez, hautes cheminées qui vous dressez entre les étoiles, vous reflétant dans les fossés pleins d'eau parmi les vers luisants et les marguerites ! »
Les images inattendues sont portées par le rythme élastique du vers libre, grande nouveauté, qui va du monosyllabe (« Ô ! ») au verset de trois lignes. Quelle nouveauté, au temps du vaudeville triomphant et du théâtre réaliste et bourgeois ! Cette force mystérieuse nous frappe encore, 115 ans plus tard, comme elle a frappé les spectateurs du Théâtre de France quand Jean-Louis Barrault l'a montée pour la première fois.
L'édition est due au grand spécialiste du théâtre de Claudel, Michel Lioure.
Attachée de presse : Frédérique ROMAIN
Assistée de : Chrystèle DELBOS
( 01 49 54 43 88 / 16 18