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Au fil des ventes
Les Autographes, Thierry Bodin, expert, 45 rue de l’Abbé Grégoire 75006 Paris
N° 72, Juillet 1996
57 Paul Claudel : LAS “P.C.” Prague 29 mars [1910]; 4 pages in-12, en-tête Consulat de France à Prague. Au sujet de sa traduction de Mercia de G.K. CHESTERTON pour la N.R.F. il prie son correspondant de lui signaler ses erreurs : « j’ai fait ma traduction au pas de charge. Vous avez vu que j’ai pris çà et là quelques libertés avec le texte. G.K. Ch est plein d’intuitions géniales, mais il ne donne pas toujours à ses idées le développement qu’elles comporteraient, il aime top le paradoxe et choisit parfois mal ses exemples. ( Je pense surtout à l’idée très profonde de l’irrégularité exquise) » ... Il s’interroge sur le sens d’un passage qu’il cite, demande l’envoi des épreuves sur lesquelles il aura « sans doute un gros travail de révision à faire » ; il signera de ses seules initiales car il tient « à rester effacer devant Chesterton […] Votre notice me parait excellente […] J’ignorais tout de mon auteur. Etes- vous sûr qu’il soit catholique ? Je l’ai vu costumé en Docteur Johnson pour un pageant anglican » …
N ° 73, septembre 199669 Paul Claudel : Manuscrit autographe signé. Le discours de J.P.Sartre ; 1 page in-4. Violente attaque contre SARTRE, publiée dans Carrefour du 29 octobre 1947 , en réponse à l’émission radiophonique de la « Tribune des Temps Modernes » consacrée à « De Gaulle et le gaullisme » (20 octobre 1947). « Le créateur de l’existentialisme a rendu au général De Gaulle le seul hommage qu’il fût en son pouvoir, celui des insultes, les siennes et celles des pauvres petits bonshommes et bonnes femmes à sa suite, dont il essaye aujourd’hui plutôt lourdement et maladroitement, de se désolidariser. C’est un argument à la portée de toutes les intelligences que de plaisanter les gens sur leur physique. M Sartre est-il si content du sien ? » De Gaulle n’aurait pas de programme, selon Sartre ; Claudel réplique : « Cela nous change du Parti communiste qui a non seulement un programme, mais plusieurs, contradictoires et interchangeables. Quant au Général, à l’intérieur , mais oui, il a un programme, celui que toute la France a acclamé dimanche dernier : Nous voulons travailler tranquillement. Et quant au programme extérieur, je demande simplement à J.P. Sartre et à ses petits camarades, momentanément désintéressés de cette chimère qui bombicine dans le vide au Café de Flore, de regarder la carte de l’Europe, et de se demander si, en présence de la situation qu’elle manifeste, il n’y a pas autre chose à faire que de porter aux hommes du Kominform la bonne parole existentialiste, pour laquelle ils ne paraissent pas d’ailleurs avoir un goût particulier »
N° 75, février 199781 Paul Claudel : L.A.S. Francfort-sur-Mein 28 décembre 1911 ; 2 pages in-8, en-tête Consulat général de France à Francforts/Mein. Il donne son autorisation pour une « lecture dialoguée » de l’Otage et remercie son correspondant « pour cette initiative flatteuse », mais il n’a pas d’exemplaire à lui envoyer. « Je suis également hors d’état de répondre aux questions que vous me posez sur votre grand poète nationale. A ma très vive confusion je dois avouer que la connaissance que j’ai de MAETERLINCK se réduit à ses trois premiers ouvrages, lus autrefois dans ma jeunesse et qui m’avaient beaucoup plu, surtout les Serres chaudes »
N° 104, février 200361 Paul Claudel : L.A.S., 17 février 1940 à un Père missionnaire ; 2 pages in-8. Il lui est infiniment reconnaissant d’avoir officié au mariage de sa fille [ Renée qui a épousé la veille l’avocat Jacques Nantet] « C’est un nouveau lien que vous créez ainsi entre ma famille et la vôtre, cette grande famille des Missions Etrangères dont j’ai partagé le foyer sur les routes d’Asie » … Il joint à sa lettre une aumône « pour vos chers missionnaires » ..
N° 105, juin 200361 Paul Claudel : Manuscrit autographe, Eloge de Lyon, [Juillet 1950] ; 4 pages in-fol. Discours prononcé en juillet 1950 à l’Académie de Lyon, publié dans Le Figaro littéraire du 5 août 1950. Claudel après avoir chaleureusement salué le Président Herriot, confie qu’il se considère comme un « Lyonnais d’adoption ». Il aime les beautés et le caractère particulier de la Ville de Lyon : la chapelle de l’Hôtel-Dieu, où il venait prendre « dans l’atmosphère de la souffrance et de la mort une leçon de patience et d’éternité », notamment sous l’occupation, le Palais Saint- Pierre, le belvédère de Fourvière, les deux fleuves qui lui font penser à un grand poète qu’il chérit entre tous et « dont quelques étourdis ont entrepris aujourd’hui de galvauder la mémoire » , Arthur Rimbaud. « Et ainsi, tandis que nos vainqueurs ahuris et comme affolés de leur victoire faisaient leur gros vacarme sous des yeux, malheureusement pour eux, intelligents et habitués à la critique, la Saône sans s’occuper d’eux continuait à caresser voluptueusement à ses deux quais sa longue échine verte ! »
N° 107, novembre 200361 Paul Claudel, manuscrit autographe, Le Chien, Brangues 1er juin 1948 ; 1 page et demie in-4. Brouillon avec ratures et corrections pour Quelques Planches du Bestiaire spirituel, publié à Lausanne chez Nermod en 1949.
N° 112, décembre 200468 Paul Claudel : L.A.S., Château de Brangues 18 juin 1930, à Sœur Margaret Thérèse, à l’Académie of Notre-Dame, à Philadelphie; 1 page in-8, enveloppe. « Les miracles ne sont nullement une garantie de sainteté, comme le dit S Paul [..] Il n’ y a pas beaucoup de saints qui se soient très sincèrement pris pour autre chose que des pécheurs. C’est Dieu seulet personne d’autre qui fait des miracles ». Puis il évoque le Soulier de Satin : « Ni Camille, ni Rodrigue ni Prouhèze ne sont autre chose que des pécheurs. Ils essayent d’arriver à Dieu à l’aveuglette, et « comme à travers le feu », dit encore S Paul » …
N° 113, mars 200560 Paul Claudel : épreuves corrigées avec additions autographes de l’Annonce faite à Marie, actes II à IV ; 22, 22 et 31 pages in-4. Epreuves pour la publication dans la Nouvelle Revue Française de janvier, mars et avril 1912 (l’acte I avait paru en décembre 1911) ; en tête il est demandé de renvoyer les épreuves à Jacques Rivière. Outre des corrections typographiques, d’orthographe et de ponctuation, on notera des mots changés et plusieurs additions principalement des indications scéniques, mais aussi dans le texte ; ainsi , au moment des préparatifs de l’enterrement de Violaine, Claudel ajoute dans la bouche de Pierre de Craon cette phrase : « Et que l’on prépare pour la mettre dans la tombe cette terre que j’ai rapportée » …
N° 117, avril 200661 Paul Claudel : Manuscrit autographe, Bestiaire spirituel, Table et Tapuscrit avec addditions autographes, Les Grenouilles ; 1 page et demie et 3 pages in-4. Claudel a dressé la Table d’ un livre publié à Lausanne chez Nermod en 1949 sous le titre Quelques Planches du Bestiaire spirituel ; y figurent 18 titres du texte. Certains de ces textes figuraient dans Figures et Paraboles mais une dizaine ne se retrouvent pas dans le recueil publié à Lausanne, dont Les Grenouilles, conversation sur l’Apocalypse entre un père et sa fille qui évoquent les trois grenouilles du chapitre XVI s’échappant à la fois des bouches du dragon, de la bête, et du pseudo-prophète … ; Claudel a porté sur le tapuscrit de ce texte plusieurs additions et corrections autographes, traduisant notamment en français quatre citations latines.
N° 119, mai 200652 Paul Claudel : Manuscrit autographe, Quelques compères oubliés, Brangues 21 septembre 1948, 2 pages in-4. préface pour Quelques Planches du Bestiaire spirituel, publié à Lausanne chez Nermod en 1949.
Librairie legalet
18 square Alboni
75016 Paris97 Matinée Paul Claudel donnée au Théâtre du Gymnase le vendredi 30 avril 1919
Un feuillet in-4, 4 pages avec un encart central.
Très rare programme de la mâtinée Claudel organisée le 30 mai 1919 par Adrienne Monnier au Gymnase. La mâtinée comportait une introduction par Claudel qui enchaînait avec la lecture du poème inédit « Sainte Geneviève », puis la représentation de la scène II de l’acte III du « Pain Dur » ( Eve Francis et Jean Hervé), la récitation de poèmes, notamment par Marguerite Moreno et enfin la scène finale de Tête d’Or ( mort de Tête d’Or) par Eve Francis et De Max.Librairie Monogramme
Village Suisse
78, ave de Suffen
75015 Paris40 Paul Claudel, L.A.S. à Carlos Larronde. En tête du Consulat Général de France, Francfort sur/Mein, le 13 novembre 1911, 2p 1/3 in-8. Enveloppe jointe.
Belle lettre du poète qui a tardé à lui répondre, ce qui malgré tout le rempli « de remord. Je suis en effet inexcusable de ne pas vous avoir remercié de ce que vous avez fait de mon œuvre et dont je vous suis sincèrement reconnaissant … ». Il lui adressera très prochainement « Le Chemin de Croix », « Les Propositions » et l’un des derniers exemplaires qu’il possède de « Partage de Midi ».41 Paul Claudel, Manuscrit dactylographié 12 p et 2 pp autographes in-folio.
Allocution prononcée par Paul Claudel le 14 juillet 1918 à Rio de Janeiro, devant la colonie française, les autorités Brésiliennes et les Amis de la France à l’occasion de sa nomination comme ministre de France au Brésil.
Ventes aux enchères
Lundi 18 novembre 1996, Thierry Bodin, expert. Hôtel Ambassador, 16 boulevard Hausmann 75009 Paris
38 Paul Claudel L.A.S. Tientsin 9 décembre 1906, [à Arthur Fontaine] ; 8 pages in-8,
en-tête Consulat de France à Tientsin (lég. fentes).
Superbe lettre sur la Chine et sur sa conversion. Consul et administrateur « d’une petite ville en plein mouvement de progrès », il se dit touché de recevoir des nouvelles bien réelles de la France … « je ne veux pas dire trop de mal de ce pays. Il n’est pas laid, il est en quelque sorte inexistant, trois roseaux et une poignée de sable y font toute la nature, comme dans les tragédies il suffit d’un fauteuil pour indiquer un palais. Cela ne va pas mal à un esprit classique comme le mien [..] un ciel éternel, jamais voilé, nettoyé comme une vitre au sable et au vinaigre, et si pur qu’il semble sue l’œil pourrait y distinguer l’une derrière l’autre les Sept Sphères de Ptolémée. Il fait un froid splendide, c’est du soleil frappé qu’on respire [ ..] les nuits sont pleines d’étoiles , et comme l’on sent que l’on se rapproche de ce moment mystérieux et du solstice où l’année finit en grand secret et retourne son cycle, et où l4enfant divin nous fut apporté par les anges. Et à moi aussi un enfant va bientôt noud être donné, nous l’attendons vers le milieu du mois prochain, puisse-t-il remplir ce qui a manqué à la destinée de son père, ce qu’aurait faite la mienne sans ce goût fatal pour les paroles vaines ! Je suis dans le moment de grande paix et suspens de mon existence, […] j’en profite pour écrire des Odes, ce qui m’intéresse beaucoup et me délivre du côté affabulation des drames, un peu puéril toujours et conventionnel. Tandis que là c’est la poésie à l’état pur, un mouvement seulement et une coordination des masses comme dans une belle symphonie. J’en ai écrit un sur « L’Esprit et l’Eau » et je viens de commencer un Magnificat. » Puis Claudel parle de la foi, de la prière comme l’agent le plus infaillible pour la retrouver, et de la résignation de son correspondant … « Non la foi en Dieu, la croyance héroïque en dépit de tout dans notre salut, dans l’éternelle joie et l’éternel amour, ne sont pas une illusion morbide, une perversion de notre sensibilité, mais l’exercice et la proclamation martiale d’une nature généreuse, naïve et saine. C’est la vie en nous qui croit à la vie » … Il faut à l’exemple de Job, fouler aux pieds les conseils du doute, se détourner des agitations de la matière pour observer l’âme de l’homme face à son Créateur… « Qui connaît cette prodigieuse explosion, tous les autres sentiments dits naturels lui paraîtrons bien artificiels et incomplets. Voilà ce qu’on trouve dans la seule religion chrétienne […] Voilà la vérité qui m’a illuminé soudainement comme un soleil de vie un certain jour de Noël à Notre Dame il y a vingt ans. Il n’y a rien de plus réel que la joie, il n’y a rien de plus vivant que la Vie, nous ne pouvons pas nous passer de Dieu, et de lui à nous il y a un chemin sûr et tracé. Ce n’est point l’exaltation d’un mystique qui crée un ordre nouveau, c’est la joie raisonnable et naturelle d’un être vivant qui trouve son ordre éternel » …[Le nom de Mme Fontaine a été biffé à la fin de la lettre]
39 Paul Claudel 3 L.A.S. ; 3 pages et demie in-8, une enveloppe.
Washington 23 octobre 1929, il ne se souvient pas avoir promis d’écrire « une étude sur Ronsard » il n’en a pas le temps et connaît à peine ce poète …
Genève 2 avril 1947, à son filleul l’éditeur neuchâtelois Richard Heyd : il est en route pour Milan où l’on joue le 4 Jeanne au bûcher ; repassant ensuite par Genève il aimerait que Heyd lui fasse verser l’argent de l’édition
Paris mardi, il a déjà pris des engagements, mais s’il peut se libérer, « je le ferai un plaisir d’assister à votre conférence dont j’ai entendu tant de bien »
40 Paul Claudel L.A.S., 11 avril 1935, à Henri Massis ; 2 pages obl. in-12, en-tête Ambassade de France en Belgique
Il a été intéressé de retrouver publié « le texte d’un vieux discours que j’avais oublié » et il demande 5 ou 6 exemplaires du numéro en question … « Vous devez être content du résultat des dernières élections. Consolidée par les trois superbes recrues qu’elle vient de choisir l’A.F. pourra désormais entrelacer ses initiales à celles de l’autre maison qui l’a prise sous sa protection et l’associe à des destinées… »
Jeudi 27 mars 2003, Hôtel Drouot, expert Thierry Bodin209 Paul Claudel, L.A.S. , Copenhague 25 août 1919, à André Silvain ; 1 page et demie in-8 à en-tête Légation de France à Copenhague, enveloppe.
Il recommande à son correspondant M Ludwigsen qui lui expliquera « la nécessité de rétablir des relations directes entre la France et le Danemark sous pavillon français [..] Comme ministre je déplore en effet la lamentable situation actuelle. La France ne fait plus pour ainsi d’affaires avec le Nord, et le préliminaire indispensable de toute campagne nouvelle serait la création d’une ligne française » …
210 Paul Claudel 2 L.A.S. 1934 à Charles Silvestre ; 1 page in-8 en-tête Ambassade de France en Belgique, et 1 carte postale ill. avec adresse.
Bruxelles 15 mars. Il a été très touché et honoré par sa lettre : « C’est une grande chose pour un écrivain de savoir que l’on a accès à quelques cœurs ». Il lit avec plaisir ses articles au Temps, « qui me font revoir et goûter cette campagne de France que j’aime tant et dont je suis depuis si longtemps privé » …
27 juin, remerciant de l’envoi de son livre « que les jeunes gens autour de moi m’ont arraché, mais que je me prépare à lire avec grand intérêt. Vous savez à quel point j’aime et je goûte tout de que vous écrivez » …
211 Paul Claudel L.A.S. , 28 novembre 1936, à M Al Cuénot, professeur à Orléans ; 1 page in-8 à son adresse, enveloppe.
« Je suis heureux de votre jeune sympathie […] et je trouve dans votre poëme un amour de la beauté, de l’harmonie, et de la lumière qui est l’héritage de Platon. Continuez à recevoir cette leçon de la colonne et de l’olivier »… Il connaît son nom, car son père est « un de ces représentants hardis de la science indépendante pour qui j’éprouve le plus d’intérêt et de respect » …
Mardi 18 novembre 2003, Hôtel Drouot, Expert Thierry Bodin156 Paul Claudel L.A.S. , Bruxelles 16 mai 1935, à un abbé ; 2 pages in-8, en tête Ambassade de France en Belgique
Il est extrêmement confus, mais il ne souvient pas d’avoir reçu son invitation « à l’hommage si mérité que les écrivains catholiques veulent rendre à mon vieil et vénéré ami Mgr Baudrillart. Il est vrai que ma vie est tellement entrecoupée et surchargée d’obligations diverses », qu’il serait normal que s’y glissent parfois quelques lacunes. Mais il tient à s’associer « de tout cœur à tout ce que l’on peut me demander pour honorer ce grand prélat » …
157 Paul Claudel P.A.S., 8 avril 1949 ; 1 page in-4
Il répond en quatre points aux questions d’un chercheur ou journaliste : « La Rose et le Chèvrefeuille ont paru si je ne me trompe, dans mon plus récent recueil de poëmes […] Visages radieux […] la forme de mes Odes n’a rien à voir avec le verset biblique pas plus qu’avec la prosodie de Boileau » …
Jeudi 1er et Vendredi 2 avril 2004, Hôtel Drouot, Thierry Bodin expert140 Paul Claudel 2 L.A.S. 1927 et 1932, à François Monod ; 2 pages obl. in-8, en-tête Ambassade de France au Japon, enveloppe, et 1 page in-8, en tête Château de Brangues
8 janvier 1927. Il n’a pas oublié son accueil à Washington. « Quant à l’Académie – il suffit en général de la mort d’un Académicien pour avoir sa chance, mais pour moi il en faudrait trente-deux ou trente-trois ! Je ne pourrais en particulier entrer sous la coupole que sur le cadavre du brave Doumic ! Ce serait trop triste ! »
Brangues, 6 septembre 1932. Il a reçu sa réclamation contre M Bascom Slemp, et la transmet au chargé d’affaires à Washington …
Mardi 25 mai 2004, Hôtel Drouot, expert Alain Nicolas16 Paul Claudel, correspondance de 3 lettres autographes signées à Jean-Louis Barrault, 1944-1945 4 pp ¼ in-folio et 1 p ½ in-8.
Lettres ayant trait à sa participation aux « Matinées poétiques » radiophoniques de Jean-Louis Barrault.
- Brangues (Isère), 29 décembre 1944 : « … j’ai bien réfléchi à v. projet de matinée poétique Paul Claudel. L’idée d’une première partie consacrée aux « Sources » est à première vue intéressante, mais elle ne tient pas devant les objections suivantes : 1° Il est pas outrecuidant de faire servir des personnages de la taille que vous envisagez au soubassement de ma propre statue … 2 ° Les extraits choisis ne feraient et ne pourraient nullement faire comprendre l’influence q. chacun de ces grands poëtes a eue sur moi. On y verrait que des lambeaux disparates …Et puis que reste-il de Virgile traduit en français ? Que comprendre d’Homère ou de la Bible si on en détache un petit morceau…Quel programme choisir ? Le défaut des matinées poétiques, c’est leur caractère trop déchiqueté…Il faut donc choisir des morceaux de résistance avant et après lesq. viendraient des hors d’œuvre et des desserts …
Voici donc ce q. je v. proposerais …Première partie. Le Fleuve …Poëmes descriptifs Le Pommier …Petits poëmes français… La Cantate à trois voix …Poëmes religieux… l’Enfant Jésus de Prague. La Vierge à midi…Le Point de vue de Ponce Pilate. Deuxième partie. Sous le rempart d’Athènes … Poëmes patriotiques. Aux morts des armées de la République. Le Joli printemps 1943. A Pied d’armes ( ???) La France parle. Au général de Gaulle… Une séance de ce genre- et tout spécialement La Cantate- serait extrêmement intéressante et instructive pour moi et peut-être pour vous en ce qu’elle nous permettrait d’appliquer et de vérifier les idées sur la diction q. nous sont communes …
Le 19 février 1945
Mon cher Barrault- Bien. J’accepte votre programme bien q. pas très enchanté de M Kemp *et je le reprends article par article. *Est-ce lui q. lira les textes proposés ?
1 passages d’Eschyle – les signaux de feu dans l’Agamemnon ?
Tête d’Or - …. O to to to toi !
2 Dante Le texte q. je préfère à tout est la rencontre de Béatrice dans l’un des derniers chants du Purgatoire.
3 Virgile La tempête ? 1 er livre ? Je préférerais la mort de Palinure à la fin du 6 e livre. Et quel travail q. cette édification du château arrière !
4 Shakespeare Pas d’objections.
5 Rimbaud Ma l. à Jacq. Riv. ne me parait pas bien nécessaire.
Texte à choisir dans la saison en enfer.
Mercredi 25 janvier 2006, Hôtel Drouot, Guy Martin expert30 Paul Claudel Lettre et carte, autographes, signées au Régisseur Général de la Comédie Française : Monsieur Bourny 1934-1935 ; 2 pp in-8 et in-12 avec une enveloppe
Relatives à la représentation de sa pièce « l’Otage » à la Comédie Française.
Brangues, 29 juin 1937 : « Je suis sûr que vous saurez tirer le meilleur parti des Chœurs parlés, que nos Brabançons exécutent, comme vous devinez, fort bien. Je compte sur vous pour tous les détails de mise en scène de l’Otage qui ont une extrême importance et je serai heureux d’avoir l’occasion d’en causer avec vous » - 1935 : « Merci de tout cœur …je connais votre dévotion pour mon œuvre et je me réjouis de l’occasion prochaine que vous me faites entrevoir d’entendre de nouveau l’Otage au Théâtre Français »
Vendredi 31 mars 2006, Drouot Richelieu, expert Thierry BodinPaul Claudel 2 L.A.S. , 1947 – 1948, à Jacques Hébertot ; 3 pages et demie in-4.
Importantes lettres sur l’Annonce faite à Marie, mise en scène dans sa version définitive au Théâtre Hébertot.
7 décembre 1947. Différend sur le choix des acteurs, notamment pour le rôle de Mara : « Vous avez plus de confiance dans votre jugement, résultant d’une simple audition de quelques minutes, que dans le mien fondé sur plusieurs heures de travail intense et serré. Ma qualité d’auteur de la pièce constitue pour vous un élément d’appréciation négligeable ».Il veut bien mettre toutes ses forces et son expérience de quarante ans « au service de l’ interprétation dont vous me fournissez les éléments », mais il veut être certain que ce travail « terrible pour moi, et que je serai incapable de renouveler, ne sera pas perdu, et qu’après m’ être épuisé dans un effort que je considère comme une véritable création, je ne me trouve de nouveau devant un non possemus brutal et péremptoire ! »
28 février 1948. « Ce n’est pas sans un serrement de cœur que je vois approcher la fin de cette longue période de répétitions de l’Annonce faite à Marie. Etrange destinée que celle de cette pièce, née en 1892, et qui après cinquante six ans, aspirait, soupirait encore, à la recherche de sa forme définitive. Grâce à vous, grâce aux éléments inestimables que vous m’avez mis entre les mains, j’ai lieu d’espérer qu’elle l’a, cette fois,atteinte, et je puis m’écrier, non seulement avec Mara, mais avec Violaine, que mon enfant vit, et que j’en ai pour témoin cette goute de lait ! »…Il avait retiré jusqu’ici de cette pièce plus de souffrance que de satisfaction, « malgré le sillage étendu que son berceau a fait à travers le monde », sans en incriminer les metteurs en scène et interprètes, souvent, excellents, « qui ont consacré tant de talent et de bonne volonté à la représentation de mon « mystère ». Les circonstances sont seules coupables qui ne m’ont pas permis d’apporter à l’enfant à moitié nu le secours et le concours su milieu scénique qu’il exigeait. Vous me l’avez donné … » … Il le remercie d’avoir mis à sa disposition les voix jeunes et neuves des interprètes choisis, et « cette cathédrale vivante qu’est Alain Cuny », avec « une admirable musique » de Marie Scibor. Ils ont travaillé pendant des mois tous ensemble, « ou plutôt c’est le drame, le mystère lui-même, une seule âme avec des timbres divers, qui travaillait à sa propre expression. (…). Depuis cette touffe de gui du jour de la Nativité que jadis j’ai suspendue au rideau précaire de la petite salle Malakoff, jusqu’à cette réalisation définitive à laquelle il est bien juste que votre nom, cher ami, demeure attaché, quel chemin parcouru » …
Vendredi 7 avril 2006, Salle des Ventes Rossini, expert Thierry Bodin133 Paul Claudel L.A.S., Hambourg 26 novembre 1913 , à Hélène Berthelot ; 2 pages et demi in-8, en-tête Consulat général de France à Hambourg.
Il aimerait avoir son avis sur Protée, dont elle peut demander le manuscrit à Gide…, « j’ai peur qu’à la scène cette bouffonnerie ne paraisse bien stupide et bien grossière, […] Vous connaissez le théâtre du Vieux-Colombier ? Est-ce le cadre qu’il faudrait pour cette pièce ? Protée doit être joué par un gaillard débordant de joie et puissamment entripaillé. Et tous ces acteurs du V.C. me semblent bien blancs et bien chlorotiques » ; il est déçu par Lugné-Poe … Il ajoute un post-scriptum pour Philippe Berthelot, à propos d’un colis qui doit arriver par la valise.
134 Paul Claudel L.A.S. « P.C. », Rome 16 février 1916, à Hélène Berthelot ; 5 pages et demie in-8.
Longue lettre diplomatique et littéraire. Il parle avec ravissement de la beauté de Rome, Palerme, et la côte de l’Adriatique, « le plus beau balcon qu’on puisse imaginer », puis il raconte la belle réception de Briand à Rome. « L’effet général a été excellent et les ministres italiens un peu contraints le premier jour étaient radieux au dernier, tandis que nos ennemis si nombreux dans les administrations romaines faisaient un long nez ! Le grand succès a été pour Thomas qui a ébloui tout le monde par ses connaissances militaires et a gagné toutes les sympathies. Ce voyage a été une excellente idée. Les gens autour de moi expriment parfois des inquiétudes sur les tendances envahissantes et impérialistes de la France, on dit qu’elle veut tout réunir, tout concentrer entre ses mains, devenir la capitale de l’Alliance. J’avoue que je bois du lait quand j’entends dire cela ! Notre attitude humble et effacée ne nous avait pas réussi du temps de Delcassé. Les choses ont un petit peu changé depuis l’arrivée du terrible Philippe ! – D.M. se promenait dans les salons de l’Ambassade de l’air mélancolique d’un héritier dont l’oncle n’est pas mort. Quelle belle demeure on pourrait faire de ce Palais Farnèse » …Claudel parle d’une conférence et d’articles qui lui sont consacrés. Il a déjeuné chez Primoli avec Peppino Garibaldi, Marguerite Durand, Ajalbert, les Borghese, la Duse et une ancienne maîtresse de l’Empereur Guilaume, a été reçu par le Cardinal Mercier ; « Autant j’avais été peu ému par le Pape, autant je l’ai été profondément par cet homme saint dont la présence semble dégager de la vertu et de la lumière. Je suis sorti de là le cœur tout remué. Il connaissait tous mes livres et m’en a parlé de la manière la plus intelligente et la plus consolante pour moi, qui suis souvent si mal compris des gens dont cependant les croyances sont les miennes » … Il évoque encore ses démarches au Vatican pour la nomination d’un évêque au Szechuan. « Je travaille à mon drame, et aussi aux choses économiques » …
135 Paul Claudel L.A.S. « P. » Brangues 28 septembre 1939, à Hélène Berthelot ; 2 pages in-8, en-tête Château de Brangues.
Début de la guerre … « Malgré les tristesses et les horreurs de la guerre, surtout cet affreux travail d’équarrissage et de boucherie exercé sur le corps pantelant de la malheureuse Pologne. Il y avait dans la magnificence de ce merveilleux mois de septembre une espèce de sérénité, de solennité supérieure qui nous imprégnait malgré nous ». Il donne des nouvelles de ses enfants… « Je suis convaincu qu’il n’y aura pas de bombardement. Ce serait trop coûteux et les All. ont mieux à faire de leurs appareils et de leur essence. Je considère la Bochie comme déjà fichue mais ce qui est inquiétant, ce sont les soviets. On en viendra à bout tout de même, et quel bonheur d’être débarrassés de l’infâme canaille communiste ! J’ai offert mes services au Ministère, mais jusqu’ à présent on ne les a pas réclamés, et je crois que je pourrai être plus utile au pays en gardant ma liberté. – Quand on pense que le 19 août encore, Guy la Chambre prescrivait à Paul Louis [Weiller] d’envoyer un ingénieur et des dessins à une usine allemande à qui il avait commandé 400 moteurs ! » …
136 Paul Claudel L.A.S., Brangues 4 décembre 1943, à Hélène Berthelot ; 1 page in-8.
De retour « dans la grande solitude » de Brangues, il a réfléchi au projet d’exposition sur sa sœur Camille Claudel (morte le 19 octobre) et préfère y renoncer : « 1° Je ne veux rien demander au Gouvt de Vichy et m’exposer à une visite à M. A.B. [Abel Bonnard] 2° les bombardements et l’extrême difficulté des transports. Trop de risques à courir. On ne pourrait avoir les œuvres de ma sœur qui sont à l’étranger, dont qq unes très importantes (Suisse) ». Il demande des nouvelles du Soulier de satin …
161 André Gide, 2 L.A.S. , à Philippe Berthelot ; 4 pages in-8 ou in-12.
2- décembre [1921], sur la démission de Berthelot : « Peut-être me permettez-vous à cette occasion de vous exprimer ma sympathie bien attentive et attristée. Hier déjà j’eusse voulu vous la dire, vous voyant sombre et soucieux. Si peu importante que puisse être ici ma voix, tandis que tant d’amis vous entourent, laissez-la je vous prie se fondre dans le chœur de ceux qui vous gardent une reconnaissance et une affection fidèles »… Lundi. « Non, vous ne pouvez douter d’avoir bien fait de me communiquer ces admirables pages de Claudel, qui m’ont secoué jusqu’au cœur. J’ai déjeuné avec Barrès hier, mais il m’a paru qu’il préférait ne pas aborder la question, encore qu’à deux reprises le nom de Claudel ait été amené par moi sur le tapis »…
Mardi 21 et mercredi 22 novembre 2006, Drouot Richelieu , expert Thierry Bodin135 Paul Claudel. L.A.S., Foutcheou 16 avril 1904 au Gouverneur général de l’Indochine [Jean-Baptiste Paul Beau] 1 page in-8, en-tête Consulat de France à Foutcheou.
« Le Département me donne avis de ma nomination au grade de Commandeur du Dragon de m’Annam. Je suis très sensible à l’honneur qui l’est fait ; je sais que je vous dois cette distinction […] Vous savez que je suis tout dévoué aux intérêts de l’Indochine Française et que je saisirai avec empressement toutes les occasions que vous pourrez me fournir de les servir dans le port de ma résidence … »
136 Paul Claudel L.A.S., Villeneuve-sur-Fère-en-Tardenois (Aisne) 8 septembre [1909], à Joseph Billiet, à Lyon, 1 page obl. petit in-4, adresse
La lettre de Billiet a d’abord été en Chine avant qu’il ne la reçoive en France. « Je tiens beaucoup à la sympathie des jeunes gens et suis fort touché de celle que vous l’exprimez […] bien que je sois un peu étonné de voir mon nom figurer dans la m^me ligne que ceux de Verhaeren et de Remy de Gourmont » …Il suivra avec beaucoup d’intérêt la revue dont lui a parlé Billiet.
137 Paul .Claudel. Poème autographe signé ; sur une page in-4
Court poème de 5 vers :
« Sur les hommes sans bonheur,
Immense fraternité,
Penche ton front et ton cœur,
Etude de la douleur,
Science de la charité » .
138 Paul Claudel Photographie avec dédicace autographe signée, 4 mai 1947 ; 13,5x9 cm, montée sur carton 19,5x12,5 cm
Photographie le représentant en pied, comme ambassadeur au Japon, devant le pavillon officiel de l’Indochine Française.
Dédicace : « A M Max Delatte/ souvenir amical/P ;Claudel/ 4 mai 1947 »
29 janvier 2007, Hôtel Drouot, Etude Oger SemontFonds d’archives de Jacques Benoist-Méchin, photographies de Paul Claudel, documents de Paul Claudel au Japon, correspondances.
Menu du lundi 27 août 1928
2 photographies de Paul Claudel torse nu
2 photographies représentant Claudel
« L’Homme et son désir »
« Allocution sur le Maréchal Joffre » 1922
6 photographies représentant Claudel
Ensemble de manuscrits et lettres autographes signés
Correspondance de 31 lettres autographes
Envoi autographe signé
Ensemble de 1 lettre et une carte autographe